L’engagement citoyen à l’ère digitale prend une nouvelle dimension dans la commune de Sotouboua 3. Depuis le lundi 16 juin et jusqu’au 18 juin 2025, la grande salle de réunions de l’église catholique de Tchébébé accueille un atelier de formation à l’endroit de 35 jeunes leaders, dont 6 garçons. Organisée dans le cadre du projet « Girls Lead 2 : Les filles s’engagent » de Plan International Togo, cette session intensive vise à doter la jeunesse, de compétences essentielles en activisme en ligne, cybersécurité, et communication digitale, afin de renforcer leur impact et leur visibilité dans un monde de plus en plus connecté.

Cet atelier initié par Youth Panel Sotouboua rassemble 35 jeunes participants, dont 6 garçons, issus des Organisations dirigées par des Enfants et des Jeunes (OEJ) partenaires. Pendant trois jours, ils seront formés à l’activisme en ligne, à la cybersécurité, à la communication digitale, au marketing numérique, ainsi qu’à la gestion de leur image personnelle et organisationnelle.
Dans un monde de plus en plus connecté, les réseaux sociaux se sont imposés comme des plateformes puissantes pour l’expression, la mobilisation et le plaidoyer des jeunes. Ils permettent de faire entendre des voix, de créer des mouvements collectifs autour de thématiques sociales, politiques, économiques ou liées aux droits humains, avec un accent particulier sur ceux des filles et des jeunes femmes.
Cependant, cette opportunité s’accompagne de risques considérables : cyberharcèlement, désinformation, usurpation d’identité, et manipulation de contenus. Ces menaces affectent non seulement la sécurité numérique des jeunes mais peuvent aussi avoir des conséquences psychologiques lourdes et compromettre leur engagement en ligne. Les filles et jeunes femmes sont d’ailleurs particulièrement vulnérables face à ces violences, ce qui accentue leur marginalisation dans les espaces numériques.

Le projet « Girls Lead 2 » répond à ces défis en cherchant à renforcer les capacités techniques et stratégiques des organisations des enfants et jeunes (OEJ), pour qu’elles deviennent des acteurs majeurs de la promotion de l’égalité des genres et du développement communautaire. Il s’agit de rendre ces organisations plus autonomes, crédibles et efficaces afin qu’elles puissent influencer les politiques et participer activement à la prise de décisions.
L’objectif est de renforcer les compétences numériques des participants afin qu’ils puissent utiliser les réseaux sociaux de manière stratégique, sécurisée et efficace dans leur travail de plaidoyer et d’engagement communautaire.
La cérémonie d’ouverture de l’atelier a été marquée par des allocutions qui ont souligné l’importance de cette initiative :
Baba N’djam, le Chef de canton de Tchébébé, a chaleureusement accueilli les participants, exprimant l’espoir que cette formation servirait de tremplin pour l’avenir des jeunes de sa communauté. « Cette opportunité est précieuse pour nos jeunes. Le monde change, et nous devons les équiper pour qu’ils soient des acteurs positifs de ce changement, en toute sécurité. »
Mlle Alice D’bé, présidente du club Adolescents Épanouis et représentante des jeunes, a quant à elle invité ses pairs à l’engagement. « Nous avons une voix, et grâce à cette formation, nous allons apprendre à l’utiliser plus fort, plus intelligemment, et en toute sécurité sur les réseaux. C’est le moment de nous écouter et de nous impliquer activement ! », a-t-elle insisté.
Téou Badawassou, Chef du service social de Tchébébé, a brièvement rappelé l’importance sociétale de cette formation. « Maîtriser le numérique, c’est maîtriser un outil essentiel pour le développement personnel et collectif. Ces compétences sont vitales pour nos jeunes. »
Enfin, Lonmou Komlavi, le maire de Sotouboua 3, a officiellement déclaré les travaux ouverts, soulignant l’engagement de la municipalité. « (…) Nous sommes fiers d’accueillir un tel atelier qui prépare nos jeunes à devenir des citoyens numériques responsables et influents. Cette formation est un investissement dans notre avenir commun. », a indiqué le maire.
L’approche méthodologique de la formation modérée par les spécialistes Aristide Kawélé et Roland Yaovi Kodjo est résolument participative, combinant des apports théoriques interactifs, des études de cas pratiques et des ateliers concrets pour la création de contenus et la sécurisation des outils numériques. Un coaching personnalisé et un accompagnement à l’élaboration de plans d’action individuels et organisationnels sont également prévus.
Les premiers jours de l’atelier ont déjà révélé un vif intérêt et une motivation palpable chez les participants.
Manèwèssouwé, membre du club de football féminin Succès du canton de Kazaboua, a exprimé son enthousiasme : « Avant, je pensais que les réseaux sociaux c’est seulement pour le divertissement, je ne réalisais pas leur puissance pour nos causes. Avec ce que j’apprends sur la cybersécurité et la manière de gérer notre image en ligne, je me sens beaucoup plus en confiance. C’est nécessaire pour nous, les filles, face aux risques sur internet. Je suis prête à défendre nos droits avec plus d’impact ! »
Grâce, membre du club de football féminin Tigresse du canton de Tchébébé, a mis en lumière l’aspect pratique de la formation : « Ce qui est génial, c’est qu’on ne nous donne pas juste des théories. On apprend à créer des messages percutants, des visuels pour nos campagnes, et surtout, à protéger nos données. Je suis impatiente de mettre ces compétences au service de notre club et de sensibiliser davantage sur des sujets qui nous touchent. »
Les résultats escomptés de cet atelier sont la compréhension des fondamentaux du web activisme, l’acquisition de compétences en cybersécurité et confidentialité, ainsi que le développement d’une image numérique positive pour les jeunes et leurs organisations. Cet atelier représente un pas significatif vers l’autonomisation numérique des jeunes activistes de Sotouboua 3, les préparant à devenir des catalyseurs de changement dans leurs communautés.
Brice EWAI





