Le haut-commissariat à la réconciliation et au renforcement de l’unité national (HCRRUN) dans la poursuite de sa mission de réparations des victimes des violences qu’a connues notre pays le Togo, est à l’étape de la préfecture de Blitta. L’institution a démarré sa mission d’écoute et d’informations des populations des localités de d’Agbandi et Diguina, le mardi 26 septembre 2023, suite aux événements des années 1993.

Cette mission qui a duré trois (3) jours au centre international de conférence de Blitta (CICB), se situe dans le cadre de la mise en œuvre du volet des réparations communautaires et collectives, une des pièces maîtresses dans le processus de justice transitionnelle.
Cet impératif n’a pas échappé à la commission vérité justice et réconciliation (CVJR) qui, non seulement a opté pour la réparation individuelle des victimes, mais aussi pour des mesures d’apaisement en faveur des communautés ayant subi des violences de tous genres et proposées par la CVJR dans la recommandation n°54 et désignées sous le vocable de réparations communautaires et collectives.
L’objectif de la mission est d’échanger avec les autorités locales (préfets, chefs traditionnels et les communautés à la base) afin de les informer sur le volet des réparations communautaires et recueillir leur adhésion sur les projets fédérateurs pour l’ensemble des populations bénéficiaires. Plus spécifiquement, il s’agit entre autres de susciter l’adhésion des populations bénéficiaires autour des projets retenus au titre des réparations communautaires et collectives.
Après deux (2) jours d’informations et d’échange entre les populations concernées (celles d’Agbandi et de Diguina) et l’équipe du HCRRUN, il est retenu la réalisation de deux (2) projets à savoir, la construction d’un centre de retrouvaille à Agbandi et la construction d’une fontaine de réconciliation à Diguina.

L’autre étape de la mission du HCRRUN est la signature le jeudi 28 septembre 2023, d’une convention d’entente entre les populations de Blitta représentées par le préfet de Blitta et le HCRRUN.
Que se soit à l’ouverture ou à la clôture de ces rencontres, le préfet de Blitta Batossa Boukari a au nom des populations de la préfecture de Blitta en général et particulièrement celles d’Agbandi et de Diguina, adressé ses vifs remerciements à la présidente du HCRRUN et à toute son équipe. « …je tiens à exprimer du fond du cœur un grand merci à Mme la présidente et lui exprimer toutes les profondes reconnaissances des populations qui vont bénéficier des retombées de cette rencontre qui prend fin ce jour… je vous prie d’accepter transmettre nos profondes reconnaissances au chef de l’Etat pour tout ce qu’il met comme moyens gigantesques dans ce dossier de réparations individuelles et communautaires, mais également pour tous les moyens qu’il met à la disposition du HCRRUN dans l’intérêt des populations à travers le pays », a-t-il poursuivi.
Pour sa part, la présidente du HCRRUN Mme Awa Nana Daboyah, a invité la population présente à inscrire la présente rencontre dans la lutte contre les violences politiques, une lutte dont l’un des aspects est la guérison des plaies consécutives aux torts qu’ont causés les uns aux autres. « …c’est justement cette œuvre d’apaisement des cœurs que le HCRRUN mène depuis 2017 avec notre précieux accompagnement… » a-t-elle indiqué. Elle a poursuivi en rassurant les autres victimes de Blitta non encore indemnisées à ne pas avoir crainte. « Toutes les mesures seront prises en vue de leur permettre d’obtenir les indemnités. » a-t-elle ajouté.

Mme la présidente du HCRRUN est accompagnée dans sa mission par le 1er rapporteur Wiyao Evalou, du conseiller spécial du HCRRUN Joseph Kokou Koffigoh et l’ancien préfet de Blitta, Ambassadeur Nayo Kokou N’beou, personne ressource pour la circonstance.
En clôturant la rencontre, Joseph Kokou Koffigoh a touché du doigt les problèmes qui sèment la désunion au sein des populations de Blitta et qui ont été relevés par les populations rencontrées , notamment les questions de chefferies traditionnelles, les problèmes liés au vivre ensemble, les questions foncières notamment les ventes anarchiques ou abusives des terrains, les conflits entres les cultivateurs et éleveurs de bétails, les problèmes liés à l’accès aux mines d’or et des questions sociales et culturelles relatives à l’eau, l’électricité, aux centres de santé, centres communautaires ou de loisir… Il a promis que le HCRRUN jouera son rôle de facilitateur pour trouver des solutions à tous ces problèmes.
Brice EWAI




